megaturge

"Cellule du Bios", encre sur papier, 2007.
Langage et Robotique
Je m'appelle Alexandre Polasek-Bourgougnon. Ma pratique artistique commence dans les années 90 par la technique du collage. La combinaison de motifs hétéroclites découpés dans les journaux apparaît comme un processus de conditionnement aléatoire.
Deux années universitaires en biologie me plongent dans l'univers du vivant. Micro ou macroscopique, cet univers de formes libres, orchestré par une machinerie complexe est une source d'inspiration débordante. Cet univers est régit par un code, l'ADN qui s'articule autour de quatre éléments de base. Quatre éléments qui, conditionnés en séquences, ont le pouvoir de créer toute la diversité du vivant. L'homme, la girolle ou le bigorneau ont un langage commun.
En 2001 j'intègre un BTS audiovisuel. Ce nouveau monde artificiel fait d'aimants et de silice, régit par des formules mathématiques et des principes physiques, possède lui aussi un code: le langage binaire. Les formes libres du vivant à quatre bases sont traduites en base deux. L'homme, la girolle ou le bigorneau deviennent séquences de 1 et de 0.
Cette conversion réel-numérique apparaît comme un processus d'aléatoire conditionné.
L'idée d'un langage artistique, d'un code systématique aux combinaisons illimitées, débarrassé de tout superflu, autre que la simple évocation de la couleur des carrés pleins, germe doucement.
Le carré est privilégié pour la stabilité que lui confère sa géométrie. Pixel artisanal, chaque carré est coloré à la main. La quantité de matière qui l'emplit est chaque fois inégale. Ces carrés pleins et distincts forment les carrés vides. Les 1 et les 0 du langage binaire dessinent alors une matrice qui s'inspire des propriétés d'adaptation et d'évolution du vivant.
Mutation génétique ou bug informatique, l'erreur fait partie intégrante des processus de codage. L'élaboration d'une matrice exige concentration et geste maîtrisé, parfois sur de longues périodes de travail. Les yeux et la main, contraints à la répétitivité, n'ont pas la fiabilité d'un robot, l'erreur se produit, l'automate déraille. Cette erreur est source de vitalité. Acceptée et cultivée par le processus d'encodage, elle fournit une piste nouvelle et poétique dans ma recherche de formes bioniques.
Cette recherche morphologique me transporte naturellement vers une étude plus poussée de l'anatomie.
Je commence en 2008 la création de robots humanoïdes, contenants artificiels, réceptacles d'un contenu rédigé par un automate humain. Je reprends la technique du collage, cette fois tridimensionnelle, en combinant des morceaux d'ordinateurs et de magnétoscopes. Cette aventure me conduira lentement à l'étude du corps humain par la photographie, utilisant la formation d'éclairagiste et d'opérateur caméra initiée par mon brevet de technicien audiovisuel.
Des informations complémentaires sont à votre disposition dans l'onglet Blog de ce site.
Alexandre Polasek-Bourgougnon